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Rien ne sert de combattre l'abstention, il faut faire renaître la participation.   

  
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...du collectif ‘Citoyens européens pour le vote blanc’

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LE VOTE BLANC, GRAIN DE SABLE,
EST INCOMPATIBLE AVEC LE VOTE OBLIGATOIRE

 

C'est ce qu'explique Charles-Edouard Sénac, maitre de conférences en droit public à l'université Jules-Verne - Picardie lors de notre débat du 22 mars:

« Sur la question du vote blanc et du vote obligatoire, il y a à mon avis une association qui est faite de plus en plus et je ne trouve pas que ce soit bénéfique, surtout pas à l'introduction du vote blanc et du vote obligatoire. On l'a vu récemment au moment du débat de la commission Bartolone où a été proposée l'introduction du vote obligatoire. La commission était partagée et ça avait un peu éclipsé l'enjeu du vote blanc. Pour ma part, je suis toujours surpris de voir que l'on raisonne en voyant le vote blanc et le vote obligatoire comme deux éléments associés. En réalité, on peut se demander si ce ne sont pas deux éléments qui vont dans des positions différentes. Le vote obligatoire, c'est un élément qui vise à légitimer le système représentatif tel qu'il existe et à assurer une légitimité au vainqueur. Le vote blanc peut être considéré comme une soupape qui vise elle-aussi à légitimer le système mais c'est plus, à mon sens, s'il est pris dans le calcul des suffrages exprimés. C'est plutôt un grain de sable dans le système représentatif parce que c'est exprimer l'idée que l'offre politique, c'est-à-dire les candidats, ne sont pas satisfaisants et qu'on ne veut apporter son soutien à aucun de ces candidats. Ces deux problématiques sont donc différentes même si on les aborde souvent ensemble parce que le vote obligatoire passe pour une mesure liberticide, en empêchant aux gens de faire ce qu'ils veulent, et on donne une contrepartie avec le vote blanc. Malgré tout, les associer c'est nuire, tant à l'un qu'à l'autre. »

Débat: Le vote obligatoire, quel progrès ?, 22 mars 2017. Avec Gisèle Jourda, sénatrice socialiste, Georges-Louis Bouchez, délégué général du Mouvement Réformateur (Belgique) et Charles-Edouard Sénac, maitre de conférences à l'université de Picardie Jules-Verne.
https://soundcloud.com/user-37301709/episode-5




LE VOTE OBLIGATOIRE ANESTHESIE LE DEBAT

Exemple de la Belgique

Georges-Louis Bouchez, délégué général du Mouvement Réformateur en Belgique participait à notre débat sur le vote obligatoire du 22 mars 2017. Il fait partie de ceux qui voudraient qu'il soit abandonné. Il montre que le vote obligatoire fige le débat en rendant automatique le choix des électeurs. Et le vote blanc, même s'il était un suffrage exprimé - ce qui n'est pas le cas en Belgique - ne change pas la donne:


"Le pire est le fait que le vote blanc n'est pas réellement pris en compte. Avez-vous déjà entendu un débat sur le nombre de votes blancs ? Contrairement à la France où le taux d'abstention fait l'objet d'un réel débat public, en Belgique la défiance à l'égard du politique telle qu'exprimée dans les urnes n'est pas traitée. On peut d'ailleurs penser que pour certains défenseurs du vote obligatoire, il y a une véritable volonté d'éviter ce débat.
Par ailleurs, le vote obligatoire dans notre pays n'a fait que renforcer les habitudes électorales, le conservatisme et l'absence de prise de risque en politique. En effet, compte tenu que l'on sait à l'avance que 90% des électeurs vont se déplacer, qu'il s'agit en général du même corps électoral (celui qui fait le choix de ne pas voter, revient rarement en arrière) et qu'il est possible géographiquement de déterminer à l'avance les tendances de résultats, vous connaissez plus ou moins le résultat des élections avant le vote ou, du moins, vous n'incitez pas les partis à prendre des risques pour renverser la situation. Au contraire ! Celui qui voudrait parler à un autre électorat prend le risque de perdre le sien dans un jeu qui ne peut être perturbé par le départ ou l'arrivée d'un volume significatif d'électeurs dont on ne sait pas s'ils vont se déplacer ou pas. Cela fige le paysage électoral. On comprend mieux dans ce cas l'attachement de certains à cette obligation."


 




 

Voici ce que nos collègues anglais de l'association NOTA UK proposent pour que le vote blanc ait un pouvoir de sanction. La réflexion est intéressante mais attendre que le vote blanc obtienne plus de voix que tous les autres candidats pour prévoir une nouvelle élection paraît le condamner à être inefficient.


 


QUE SE PASSE-T-IL SI L'OPTION NOTA L'EMPORTE ?

December 11, 2014 Leave a comment
Ce message clarifiera nous l’espérons une question qui, il y a peu, s’est imposée au premier plan au moment du recent regain d’intérêt pour notre champagne.
De loin, la question la plus courante posée par les gens quand ils échangent avec nous est : Mais que se passerait-il si NOTA ‘l’emportait’ ?”
Tout d’abord, tout dépend de la façon dont NOTA est mise en œuvre. En Inde, par exemple, En Inde, par exemple, il y a, comme nous aimons l’appeler une option NOTA ‘light’, du NOTAlight, ou faux-NOTA [‘faux’ en français dans le texte]. Dans ce scénario, NOTA n’est qu’une protestation symbolique sans conséquences formelles sur le résultat s’il ‘gagne’. En d’autres mots, meme si NOTA était le vote le plus conséquent, rien ne se passerait. Le candidat arrive juste derrière prendrait ses fonctions quoiqu’il en soi.
Il est difficile d’en voir l’enjeu. Sans ‘dents’, il n’y a pas plus de motivation pour des électeurs désabusés de marquer leur désaccord de cette manière que s’il n’y avait pas du tout de case NOTA. It is difficult to see the point of this. Ceci, selon nous, explique pourquoi l’option NOTA n’a obtenu que 1,1% aux dernières législatives nationales.
Pour exercer un réel effet de contrôle et de contrepoids sur le système, on devrait envisager des conséquences formelles dans le cas d’une victoire de NOTA.  Plus particulièrement refaire l’élection (à l’échelle nationale le cas échéant) ou dans les circonscriptions où le vote blanc a été premier.
C’est ceci un NOTA avec des dents, ce pour quoi nous menons campagne. S’il est appliqué de cette manière, nous sommes surs que des millions de gens qui actuellement se sentent sous-représentés dans les résultats des urnes seraient remotivés.  Ceci, en lui-même, pourrait être suffisant pour déclencher un nettoyage organique dans le monde politique, par le fait que les députés et les partis politiques seraient obligés d’essayer de gagner en incluant ces nouveaux électeurs potentiellement motivés et non en se limitant à leurs supporters acquis.
La prochaine question qui s’impose maintenant est:: “Mais l’organisation d’une nouvelle élection ne va-t-elle pas tourner au cauchemar logistique ?”
C’est une question légitime. A NOTA UK nous avons mis au point une proposition que nous sentons pouvoir couvrir toutes les hypothèses et être la solution la plus équitable et la plus pratique.
Notre proposition est que, pour combattre l’instabilité politique et la fatigue des électeurs, au lieu d’avoir un nouveau tour d’élection (si NOTA a gagné à l’échelle nationale) et/ou des élections immédiates dans les circonscriptions ou NOTA aura été premier, le parti ou le candidat arrivé deuxième serait autorisé à prendre la charge temporairement pour six ou douze mois pendant que la mise en place d’une nouvelle élection soit prête.
Quelques personnes ont exprimé leur scepticisme au sujet de cette proposition donc je pense qu’il est important d’en expliquer la raison d’être.  
Il y a deux points que l’hypothèse de la nouvelle élection soulève : la fatigue des électeurs et l’instabilité politique.
Certains ont avancé que la nouvelle élection immédiate serait mieux. Nous pensons que la fatigue des électeurs serait un réel problème pour ce scénario.  Il est déjà assez difficile de faire se déplacer les gens pour voter une fois tous les deux ans, alors leur demander de le faire deux fois de suite est probablement un pont trop loin. La probable conséquence serait un fort taux d’abstention, biaisant le résultat de façon significative, profitant même peut-être à un parti ou un candidat qui avait eu un mauvais résultat au premier tour. Pour cette raison, il nous semble que cela a plus de sens d’accorder un délai.
Ensuite, il y a le thème de l’instabilité politique. La plupart des électeurs sont d’accord pour dire qu’il n’y a pas de droit d’avoir un parlement vide ou des sièges vides avec personne ne représentant leurs intérêts en attendant que la nouvelle élection soit mise en place. Il deviendrait donc logique qu’un gouvernement ou des députés tiennent le bastion, pour ainsi dire.
D’autres ont suggéré que si NOTA gagnait les élections, les substituts devraient être des non-professionnels et des administrateurs indépendants, appelés fonctionnaires [civil servants], plutôt que des politiciens rejetés appartenant à des partis politiques rejetés. C’est une belle idée mais cela pose quelques questions : En toute honnêteté, qui est vraiment indépendant et extérieur à toute influence politique ? Et quels électeurs accepteront des gens, accédant au pouvoir, même temporairement, sans avoir été choisis par eux au premier tour ?  
Pour cette raison, il nous semble qu’il serait encore plus raisonnable de permettre à celui ou celle qui aura eu le plus de votes derrière l’option NOTA d’entrer en charge, mais pour un temps court, pas plus de douze mois, en attendant que la nouvelle élection soit organisée.
Ceci, bien évidemment, ne plaira pas à tout le monde. Mais cela nous paraît le meilleur compromis possible une fois toutes les considérations prises en compte. Le substitut, celui qui aurait bien réussi le premier tour, aurait la chance de se montrer digne du second tour, tandis que ses opposants auraient l’opportunité de se regrouper.
La chose importante à ne pas oublier, c’est que tous les candidats auraient sûrement à coeur de s’adresser aux électeurs ‘NOTA’ pour tenter d’emporter leur adhesion au risqué d’encourir un rejet encore plus grand dans les urnes.
Jamie Stanley

NOTA UK
11/12/14
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